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En bref — Pêche

Les Hauts-de-France soutiennent l’interdiction des navires-usines près des côtes

Un navire-usine de 150 000 tonnes en Chine, en novembre 2025. (Photo d'illustration)

La pression s’accroît sur la ministre de la Mer, Catherine Chabaud. Le 5 octobre, le conseil régional des Hauts-de-France a adopté à l’unanimité un vœu porté par la majorité de Xavier Bertrand (Les Républicains) soutenant l’interdiction des navires de pêche de plus de 25 mètres dans la bande côtière. Ce, alors que le gouvernement, malgré des annonces prometteuses au printemps, rechigne depuis plusieurs semaines à mettre en place cette mesure, pourtant exigée par les pêcheurs eux-mêmes, expliquait récemment Reporterre.

La « bande des 12 milles », c’est-à-dire l’espace maritime situé jusqu’à 22 km des côtes, revêt une importance écologique majeure. Abritant des habitats côtiers riches et fragiles, notamment des herbiers de zostères, elle constitue une zone de reproduction pour de nombreuses espèces de poissons. Elle est pourtant ouverte aux bateaux de pêche de plus de 25 m de long, français, mais aussi étrangers, en vertu d’anciens accords de voisinage. L’Annie Hillina, un chalutier congélateur néerlandais de 112 m de long, peut par exemple y jeter ses filets.

« Il est temps d’agir »

Les pêcheurs artisans et associations écologistes demandent depuis des années l’interdiction des navires industriels dans la bande côtière. Dans les Hauts-de-France, ils accaparent 45,5 % des poissons, avec des techniques de pêche néfastes pour l’environnement marin, selon une récente note scientifique de l’Institut Agro. L’élue écologiste des Hauts-de-France Karima Delli avait déjà requis, en 2025, leur interdiction — ce qui avait à l’époque donné lieu à des « ricanements » d’autres élus, se souvient-elle.

Début septembre, la commission Manche-mer du Nord du Comité national des pêches elle-même s’est prononcée en faveur de leur interdiction — sans réaction du ministère de la Mer, qui avait pourtant fait part, au printemps, de sa « volonté possible » de fermer cette zone aux bateaux de plus de 25 mètres. Le récent vœu de la région Hauts-de-France le convaincra-t-il de s’y atteler ? « Il est temps d’agir », presse l’association Bloom, selon qui le gouvernement fait actuellement « le jeu des 1 % de méga-industriels et des lobbies ».

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