Canicules, incendies... Le coût de l’été 2026 évalué à 16 milliards d’euros
Un pompier venu de Marseille tente d'éteindre l'incendie ravageant une forêt près d'Arès (Gironde), le 26 juillet 2026. - © Romain Perrocheau / AFP
Un pompier venu de Marseille tente d'éteindre l'incendie ravageant une forêt près d'Arès (Gironde), le 26 juillet 2026. - © Romain Perrocheau / AFP
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C’est plus encore que le budget total du ministère de la Justice, et presque l’équivalent de celui du ministère de la Santé. Le 5 octobre, le président de la Commission des finances et député de La France insoumise (LFI) Éric Coquerel a rendu les conclusions de sa mission flash consacrée aux coûts des fortes températures, de la sécheresse et des incendies de l’été 2026. Résultat : son estimation atteint les 16 milliards d’euros.
Pour arriver à cette somme, le député de Seine-Saint-Denis a auditionné pendant plusieurs semaines différents ministères, des organisations syndicales, des économistes, des acteurs chargés de la prévention et de la lutte contre les incendies, des assureurs, des acteurs du logement, mais aussi des élus locaux. Avant de se rendre au Porge, en Gironde, à la rencontre des victimes des mégafeux de cet été.
L’estimation s’appuie sur une addition de trois coûts : la perte de production enregistrée au troisième trimestre 2026 en termes de produit intérieur brut (PIB), les dépenses publiques supplémentaires d’ores et déjà engagées, ainsi que le coût pour le budget et le patrimoine des ménages et des entreprises.
Des chiffres qui présentent toutefois des limites méthodologiques. « Certains acteurs ont de grandes difficultés à présenter des chiffres et des estimations, prévient Éric Coquerel lors d’une conférence de presse. Le ministère de l’Éducation nationale ne dispose par exemple d’aucune donnée sur les besoins d’équipement, renvoie vers les collectivités territoriales, arguant que certains travaux n’ont pas à être engagés puisqu’une baisse du nombre d’élèves scolarisés est à prévoir. »
Dans le domaine de la construction, ce sont par exemple 868 022 heures qui ont dû être indemnisées en 2026, soit onze fois plus que l’année précédente. Sans parler de la lutte contre les incendies qui aurait entraîné au moins 300 millions d’euros de dépenses publiques supplémentaires.
Côté population, le surcoût des factures d’électricité pourrait avoir atteint les 800 millions d’euros. Parmi les secteurs les plus affectés par la canicule, on trouve l’agriculture, les organisations agricoles évaluent leurs pertes à 10 milliards d’euros.
« La question plus large du coût de l’atténuation du dérèglement climatique a été écartée du périmètre de cette mission flash. Elle n’en demeure pas moins essentielle et suppose des investissements d’ampleur », écrit le rapporteur.
Le coût grimpe d’année en année
Éric Coquerel formule également des recommandations afin d’améliorer la gestion des canicules qui vont s’accélérer, et tente de chiffrer leurs montants à court, comme à moyen termes.
Allant du renforcement des moyens alloués à Météo-France à l’adaptation des écoles et des établissements de soins en passant par une loi de programmation de la sécurité civile, les 45 recommandations du rapport représentent entre 10 et 13 milliards d’euros pour les acteurs publics en 2027, dont une majeure partie (entre 8,42 et 11,14 milliards d’euros) serait portée par l’État.
Les montants cumulés atteignent des fourchettes larges, allant de 116,30 à 157,65 milliards d’euros dont 87,38 à 128,18 milliards pour l’État, selon des horizons variables allant de 2030 à 2050. « Le coût de l’adaptation grimpe d’année en année à mesure que l’on ne fait rien pour s’adapter », alerte le président de la Commission des finances.
À l’aune des discussions autour du budget pour 2027, ce rapport entend donner des pistes d’arbitrages.