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Climat

Zinédine Zidane sur le climat : prendre moins l’avion ou alléger les calendriers, « je ne pense pas qu’il faille rentrer là-dedans »

Zinédine Zidane, l'entraîneur de l'équipe de France de football, dimanche 27 septembre 2026, à Bruxelles.

Le nouvel entraîneur de l’équipe de France de football a dit à Reporterre souhaiter que les catastrophes climatiques n’arrivent plus tout en déclarant vouloir « continuer à faire ce qu’on fait ».

Bruxelles (Belgique), reportage

Dans la salle de conférence de presse du stade Roi Baudouin, à Bruxelles, dimanche 27 septembre, la question détonne avec les habituelles interrogations tactiques. À la veille du match Belgique-France, Reporterre a interpellé Zinédine Zidane, l’entraîneur de l’équipe de France de football, sur l’été caniculaire qu’a connu la France et la Kabylie, terre d’origine de sa famille.

Reporterre a demandé à Zinédine Zidane : « Zinédine, cet été, Bordeaux, une ville qui vous est chère, s’est retrouvée sous la fumée des incendies, la Kabylie a brûlé, toute la Méditerranée est en sécheresse. Est-ce que ça vous inquiète personnellement ? Est-ce que vous pensez que le football doit changer ses pratiques, comme alléger les calendriers et prendre moins l’avion, pour protéger la santé des joueurs et des supporters ? »

Sa réponse : « Non, je ne pense pas qu’il faille rentrer là-dedans, mais je suis peiné par ce qui s’est passé, par toutes ces choses hors de contrôle qui font du mal à des familles. C’est le plus triste. Pour le reste, on va, nous, essayer de continuer à faire ce qu’on fait. Et j’espère qu’il n’y aura plus toutes ces catastrophes. C’est ce qu’on souhaite. »



Une tendance de fond documentée par les climatologues

Le père de Zinédine Zidane, Smaïl, est originaire du village d’Aguemoune, dans la commune de Boukhelifa, dans la wilaya de Béjaïa. C’est précisément cette wilaya qui a été durement touchée cet été : selon un bilan du ministère de l’Intérieur algérien, les incendies qui ont ravagé plusieurs wilayas du nord du pays le 26 août ont fait 12 morts, dont 4 à Béjaïa, ainsi que des dizaines de blessés.

Quant à Bordeaux, ville où il a joué entre 1992 et 1996, fin juillet, un gigantesque incendie parti de Saumos, en Gironde, a progressé, porté par le vent d’ouest, jusqu’aux portes de la métropole girondine, recouverte d’un épais panache de fumée chargée en particules fines rendant l’air irrespirable. Les flammes ont ravagé 42 000 hectares et contraint 220 000 personnes à évacuer.

Sur l’ensemble du bassin méditerranéen, celui-là même où Zidane a grandi, à La Castellane, un quartier populaire du nord de Marseille, les feux et la sécheresse s’inscrivent dans une tendance de fond documentée par les climatologues. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) décrit la région comme un « point chaud » du réchauffement, où les températures augmentent plus vite que la moyenne mondiale, avec pour première conséquence un manque d’eau appelé à s’aggraver — des sécheresses plus intenses, plus fréquentes et plus longues.

Redéfinir le calendrier sportif international et réduire la dépendance à l’avion

Le Shift Project a publié un rapport, Décarbonons le sport, qui chiffre l’empreinte carbone du football professionnel : les déplacements (essentiellement en avion pour les compétitions internationales) constituent le premier poste d’émissions. Un match de l’équipe de France émettrait en moyenne vingt fois plus de gaz à effet de serre (GES) qu’une rencontre de Ligue 1, en raison des longues distances parcourues par les spectateurs.

Le rapport recommande explicitement de redéfinir le calendrier sportif international et de réduire la dépendance à l’avion, une demande que le Shift Project relie aussi à des raisons de santé physique et psychologique déjà exprimées par des sportifs professionnels, comme l’ancien international français Raphaël Varane.

Lire aussi : « Pas ça, Zinédine » : lettre à Zidane sur le déni climatique

La Fédération française de football elle-même, sur la page consacrée à son bilan carbone, reconnaît que les déplacements sont son premier poste d’émissions, et admet que le dérèglement climatique perturbe déjà l’entraînement et la tenue des matchs, avec un risque direct pour la santé des pratiquants.

La question de Reporterre était la dernière de la conférence de presse. L’attaché de presse de l’équipe de France l’a conclue par ces mots : « Pensées pour eux tous. On parle jeu et il y a un super match, demain, à jouer. »

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